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Son ancêtre : Le Cynara

Des fouilles d'habitats préhistoriques dans des lacs alpins ont permis de découvrir des capitules de circes et de différents autres chardons. D'autres découvertes similaires ont eu lieu dans les Pyrénées.

Sur les bords de la Méditerranée aussi le goût du chardon s'est manifesté avec force, mais d'autres espèces ont attiré l'attention des hommes : l'akkoub, chardon vivace aux capitules pourpres et aux longues feuilles qu'on apprécie particulièrement en Syrie, et de beaux chardons du genre Cynara, les ancêtres du cardon et de l'artichaut dont on consommait les côtes et les cœurs. On trouve encore de nos jours sur les marchés au Maroc des cardons sauvages parmi d'autres plantes de cueillette : asperges sauvages, feuilles de mauve, ….

 

Introduction

Cynara Cardunculus, nom latin du cardon et Cynara Scolumus, celui de l'artichaut, appartiennent à la vaste famille des astéracées. Mais pourquoi les hommes se sont-ils intéressés à des végétaux à l'allure de chardon ?

A l'origine pour manger la moelle et les capitules, probablement la nécessité de se nourrir ce qui les faisaient tester les plantes sauvages et apprécier la tendreté des cœurs de chardons.

En effet notre cardon descend d'un chardon fort épineux des bords de la méditerranée et assez peu charnu. Dans le cas du cardon, on a développé par culture les côtes des feuilles, dans

celui de l'artichaut, le réceptacle des fleurs.

 

Les premiers textes

Le premier manuscrit mentionnant le cardon date de l'antiquité greco-latine avec Théophraste au III av. J-C. Au 1ier siècle, Columelle est un des premiers à donner des conseils pour la culture du Cyanara pour obtenir, non des cardes, mais de belles capitules .

Enfin toujours au 1ier siècle, Pline mentionne dans son histoire naturelle de très lucratives cultures de Carduus pour leurs capitules dans les régions de Carthage ( une ville existant à cette époque près de l'actuelle Tunis). Ces Cynara étaient sans doute destinés à être exportés vers les tables les plus riches de Rome.

 

 

 

Les Carthaginois étaient eux aussi de grands consommateurs de légumes et ce n'est peut-être pas un hasard si la culture et l'amélioration du cardon semblent avoir débuté sur ces territoires longtemps marqués par l'influence carthaginoise.
Les cardons vont ensuite trouver refuge plus au Sud et plus à l'ouest, là où aux beaux jours de l'empire romain, leur culture s'avérait si lucrative - aux environs de Carthage et en Andalousie- cette région assure alors la continuité de l'héritage latin auquel va s'adjoindre l'influence arabe lorsque ces derniers, au début du 8ème siècle, pénètrent en Andalousie. Ils vont alors s'employer à cultiver le cardon et à créer de nouvelles variétés. D'après le témoignage des agronomes, il semble que leurs efforts aient surtout visé la production de capitules de belle taille et ainsi va peu à peu s'affirmer la différence entre

Le cardon en France

C'est vers le milieu du 16ième siècle que le cardon et l'artichaut vont s'implanter en France à partir de la région Nîmoise et du Vaucluse. Il est probable que le cardon soit venu d'Espagne plutôt que d'Italie sous une forme encore très piquante que décrit Olivier de Serres en 1660.

D'ailleurs, ce célèbre agronome de la renaissance , dont le nom est lié à la culture du mûrier et, par ricochet, du ver à soie, souligne que Lyon était un vrai pays de cardes ,ce qui justifie la présence du cardon au menu d'un banquet officiel donné dans cette ville le 25 février 1548.

 

Le Midi est à cette époque un relais important entre la méditerranée et le Nord : les jardiniers du sud reçoivent leurs graines d'Italie ou d'Espagne et fournissent à leur tour toutes les foires de la région de Lyon qui diffusent alors les nouvelles variétés ou les nouveaux légumes vers d'autres foyers : Touraine, Île de France, …
Deux siècles plus tard , le sens de flux va s'inverser. Ce sont dès lors les grainetiers du Nord qui vers le 18ième siècle vont exercer une influence prépondérante sur les foires. Mais on remarque durant la deuxième moitié du 20ième siècle, une lente stagnation du sans doute à la préparation de ce légume qui décourage certaines ménagéres moderne fort occupées par ailleurs. Depuis une période récente le développement du cardon sous des présentations beaucoup plus partique(bocaux, boîtes, cardons cuit sous vide) met à la disposition des consomateurs un légume facile à préparer leur permettant d'avoir plus souvent sur leur table ce floron de la gastronomie lyonnaise.

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